Reivaxations
poésie délibéréeJ’ai cru pouvoir supporter l’absence, le rêve délétère et les froissements de papiers superflus, mais ce n’était rien comparé à ce que j’endure à présent dans la chaleur artificielle des émois interrompus. Je souffre et je bois mes craintes à pleines gorgées d’amertume désenchantées en écoutant des chansons d’ironie mal ajustée. Les ruines désinhibées arpentent les chemins de traverse en douceur. L’amertume des matins endommage les rêves sirupeux à coups de machette désarçonnée. Eclaboussure d’ivresse trépassée aux confins d’une mémoire saturée par les excès de la veille. Prendre un train comme on fait ses bagages pour pleurer sur les paysages désordonnés. Jamais l’allure innocente ne permettra de faire déborder les outrages voluptueux.
J’ai planté mon stylo dans l’échine du temps
Afin de le suspendre au mur, sur l’intriguant
Papier de mes pensées, pour tapisser ma vie
Du fugitif instant que l’on dit poésie.
Des cheveux ruisselants d’espoir
Qui s’écoulent le long de mon ventre
Et ta tête arrimée aux rives de mes cuisses
Lestée de rêves délicats.
Les mots se font plus vaporeux
Aérés de silences et de quelques frissons,
Une respiration,
L’esquisse d’un baiser.
Entre nous s’insinue l’allusion
Et je sens que je t’aime.
La pluie des sempiternels bénitiers s’infiltre jusqu’à pourrir les os voués à l’éclatement, battus en brèches sous les coups de l’arage. On s’arrange avec sa conscience, certainement plus qu’on ne fait le deuil de son innocence. Je me plais à la régression à défaut de m’emparer de l’horizon. Retranscrire l’auto-récitation juvénile jusqu’à ne plus pouvoir respirer les oripeaux de l’innocence. Remodeler ou reproduire, investir des nervures joyeuses où glissent les billets chlorophylisés dans des sachets fraîcheurs à l’odeur sanglante. Rien n’est éternel. Et j’entends les voix s’essouffler quand je me tourne vers les rideaux grillagés de la conscience humaine. J’évite de courir à la perte par un trop plein d’ambitions. La paresse est le fruit de mon orgueil. Je cultive la désinvolture pour ne pas tomber de ma branche tel un fruit trop mûr.
Lorsque tes yeux me pressent à la tombée du soir
Sous la lune haletante attisant ton regard
Leurs reflets silencieux m’invitent à m’avancer
Aux portes de tes lèvres où je viens m’échouer.
Un germe de tristesse entaille mes entrailles
Douloureux sourire ébréché, contaminé
Regard amer - la solitude est ma bataille.
Pétri d’insanité, un reflet esquissé
Sur les lèvres amusées d’un songe inachevé.
Allure d’apparat soumise au rire-sceau
Bercé de folie grise (un voile d’inconfort),
Un con pris en étau au jeu des idéaux
A l’adresse incertaine où l’éclat s’évapore.
Fidèle à mon angoisse en futiles esquives
Quand les rapports humains animent ma dérive.







