Reivaxations

poésie délibérée

Archive pour Temps de reste

Juste un bout de ta peau
Dévoilé à mon regard,
Rétine fugitive,
Mes yeux au plus près de ton corps.
 
Juste ta peau sous la main
Et les grains du frisson
Quand je redessine ta silhouette,
Un doigt qui glisse sur tes hanches.
 
Juste ta peau contre la mienne,
Parfumée de désir,
Jouant la symphonie séculaire des amants
Sincères et heureux.
 
De ma vie lassé
Je ne songe plus qu’à toi,
A nous deux
Enlacés.

Des cheveux ruisselants d’espoir
Qui s’écoulent le long de mon ventre
Et ta tête arrimée aux rives de mes cuisses
Lestée de rêves délicats.
 
Les mots se font plus vaporeux
Aérés de silences et de quelques frissons,
Une respiration,
L’esquisse d’un baiser.
 
Entre nous s’insinue l’allusion
Et je sens que je t’aime.

Espace oscillant d’ébats lancinants,
Un sursis désastreux d’équilibre effondré
Quand l’élan comateux
Conduit par manque d’aisance à sacrifier les sens.

Malgré les sentiments qui font glisser ma langue,
Ces baisers enfilés sur le fil de ta peau,
Les caprices de la chair ont transgressé la fièvre
Tissant à reculons un étendard vaincu.

Par-delà les frissons j’ai tes yeux dans le dos
Qui m’agressent, qui m’émeuvent,

Une épaule engourdie pour unique refuge

Si ce n’est cette esquive en terrain d’ironie
Qui trahit la faiblesse d’une carcasse évanouie.

Retrouver ces instants
- Aporie sans recours, esseulé, l’âme en berne -
Pour mieux les exécrer.
 
Mes jours tissent la corde et je me pends la nuit.
 
Astreint à la démence
Détestable et jouissive
 
Je me cogne à la foule en voulant l’embrasser
Et j’écorche l’amour lorsqu’il vient me bercer.
 
Le mépris des erreurs
Nourrit de larges hématomes
S’étalant sur mon coeur en guise de vernis.
 
Décharnant la coquille
J’inhale un lourd parfum de sans
Jusqu’à n’en plus pouvoir et déveiner mes bras.

Grandir
Sous un joug pitoyable
De savante ignorance.
 
Souffrir
Dans l’insatisfaction
Du bercement docile.
 
Subir
L’oppression souveraine
Des consciences exiguës.
 
Franchir
Les broussailles affranchies
Dénuées d’épouvantails.
 
Sourire
A la barbe du temps
Rasé par les mémoires.
 
Noircir
Les front immaculés
Délateurs d’horizon.

De rage et d’oraison
Naît la traîtrise consommée
Détachant mes pupilles
En vigiles de nuque.
 
Mais le souffle est un blason,
Un glaive, un plastron.

D’orage et d’horizon
S’alimente ma peau,
Filtre de rêves scarifiés
Gravés de vaines vibrations.

Mais toujours avancer
Sur le tranchant des illusions
Sans jamais ébrécher l’utopie.
 
Gonflé à la sève de l’instant
Rassasier mes en vie.

J’ai rencontré mes vingt ans
Dans le train ce matin
Sous la courbure mutine d’un nez
Délivrant le relief
D’une bouche aux lèvres capricieuses.
 
Réminiscence de printemps écoliers
Révélés par ce visage
A peine travesti par les plis de l’aurore.
 
Sans certitude aucune
Rien que charme et mystère
(Intuition langoureuse).
 
J’ai rencontré mes vingt ans
Dans le train ce matin,
L’amoureuse de mes années d’enfant
Silencieuse
Et moi muet.

La vision altérée de notre altérité
Ouvre au cœur impatient l’élan des perspectives
Réveillées par les nuits aux rêves alcoolisées.
 
Espoir immaculé maquille l’invective
De tout le sang versé - outrage répété -
 
Et la douce illusion nous pousse à la dérive.

Creusant mon désespoir en sage silencieux
J’ai esquivé l’écrin jusqu’à ce que se rompe
L’épais fil du pantin de mes songes insidieux.

Quand les promesses au vent étourdissent l’esprit
Les sabliers bouchés nous prouvent qu’on se
………………………………………………… [ trompe,

Restent les nerfs - frustré - et la rage en sursis.

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