Reivaxations

poésie délibérée

Archive pour Mon thé, des cendres

Au bonheur des sons entremêlés, fastes festifs des rives inachevées. Faire frémir des enceintes encéphales de bois attendri tout en laissant couler les artères engorgées au plus profond des dépressions. Soigner sa rage démente dans la frustration aux notes colorées, et vibrer d’agressivité à en faire pâlir les excréments sacrifiés. Ne plus manger que sa peau pour limer au plus profond les envies de résurrection. Défragmenter les atermoiements alcooliques et vaincre les élans soporifiques. J’ai mal. J’apprends de mes erreurs à pacifier les couleurs de la raison. Elle est plus belle chaque matin, dans sa robe de satin brodé, pour me chanter les louanges textuelles que je n’osais espérer. Mais mon rêve s’évanouit en gerçures de lamentations et le rhum permet de noyer la dépression. J’ai mal mais je tiens la rampe des sacrifices, persuadé de pouvoir tenir encore sur le chemin des espoirs. J’apprends à te désirer mais je peine à te découvrir. Je me consume. Et le silence est mon ennemi.

J’appréhende les circonvolutions spirituelles qui me rappellent les heures des mensonges figés. Je poursuis l’irascible destin qui m’étreint au point d’absoudre les allégories tendancieuses sur mon fier chemin épicentré. La dérive reste l’instant fatidique quand on souffre d’amertume chronique, d’investissement passif, enchaîné à l’insatisfaction des ruines contre la docilité débile. Des billes plein la tête et le front alourdi sous des rêves contenus, je plie sous l’ennui et me débarrasse des attributs de la chaire ponctuelle pour ne laisser paraître que les oripeaux de matière éternelle, suaves entraves à l’esprit libre. Forgeant les chaînes de l’espérance aux vagues de la solitude, je découvre chaque jour de nouveaux accessits où épingler les vestes de mon atavisme.

J’ai cru pouvoir supporter l’absence, le rêve délétère et les froissements de papiers superflus, mais ce n’était rien comparé à ce que j’endure à présent dans la chaleur artificielle des émois interrompus. Je souffre et je bois mes craintes à pleines gorgées d’amertume désenchantées en écoutant des chansons d’ironie mal ajustée. Les ruines désinhibées arpentent les chemins de traverse en douceur. L’amertume des matins endommage les rêves sirupeux à coups de machette désarçonnée. Eclaboussure d’ivresse trépassée aux confins d’une mémoire saturée par les excès de la veille. Prendre un train comme on fait ses bagages pour pleurer sur les paysages désordonnés. Jamais l’allure innocente ne permettra de faire déborder les outrages voluptueux.

La pluie des sempiternels bénitiers s’infiltre jusqu’à pourrir les os voués à l’éclatement, battus en brèches sous les coups de l’arage. On s’arrange avec sa conscience, certainement plus qu’on ne fait le deuil de son innocence. Je me plais à la régression à défaut de m’emparer de l’horizon. Retranscrire l’auto-récitation juvénile jusqu’à ne plus pouvoir respirer les oripeaux de l’innocence. Remodeler ou reproduire, investir des nervures joyeuses où glissent les billets chlorophylisés dans des sachets fraîcheurs à l’odeur sanglante. Rien n’est éternel. Et j’entends les voix s’essouffler quand je me tourne vers les rideaux grillagés de la conscience humaine. J’évite de courir à la perte par un trop plein d’ambitions. La paresse est le fruit de mon orgueil. Je cultive la désinvolture pour ne pas tomber de ma branche tel un fruit trop mûr.

Visqueuse est la vie qu’on nous prédit. Près d’ici il existe encore un chemin que peu ont rudoyé de leurs paumes viriles et sensibles. Mais personne ne l’emprunte et il demeure inconnu. Comme une cloque, brûlure du terrain. L’errance est un crime dépourvu d’essence où l’on compte nos victimes. Le chemin est vierge de nos élans. Toujours. Encore. Avancer jusqu’au rebord pour mieux nous signifier la mort n’est que l’ultime étape avant le sursaut. Et pourquoi pas nous satisfaire de nos destins précaires plutôt que de verser les roses aux épines fraîches sur nos frêles intentions. Appréhension des causes en l’absence des faits. Restons tranquille, groupement insatisfait pour bercer au large. Et rire des élans tant qu’ils nous propulsent en vain. Enfin délivrés des abus, nous pourrions traverser les versants enflammés mais nous préférons sourire aux vitres de plexiglas.

On célèbre les sirènes parce qu’elles attisent les flammes de l’aube. Mais personne ne prend soin d’écarter les brèves collisions quand l’espoir s’éprend de l’horreur. Il faut toujours prendre soin de ses opinions pour éviter qu’elles ne défraîchissent, ridées par les railleries habituelles de l’inaction passive. Infamie en cours de perpétration, imprécision de notre impotence malsaine. En chemin de traverse, j’ai vu mes semelles manger des cailloux à force de racler les affres de la déception. Carrière droite et futur sinueux, familles exotiques qui tranchent à la machette les derniers boutons de manchette mal cousus. Je m’avance au devant du consumérisme outrancier et chavire à volupté inadéquate, servi par les divins sacrilèges sexuels. Ma peau frictionne les régions de l’hémisphère en partance pour les horizons lointains. Paupières en fusion sur l’étendu sévère qui filme l’oraison en attroupements véridiques.

Sacre des repères en perdition. J’amorce des recueils d’oraisons qui éclatent en lambeaux parfumés. J’arpente les étoiles en quête de la poussière d’un diamant inépuisable. Il faut comprendre sa nature pour ne pas avoir à la combattre. Sur les chemins de tendresse, j’ai perdu l’adresse d’une princesse par maladresse. Exil en phase d’abandon éthylique, exutoire puéril des dérives serviles de mon tempérament hostile à l’époque. Je signe des mots en vain pour inclure le futur dans l’exercice des espoirs. Quand le silence s’éprend du combiné on jette les spasmes au vent de la colère. Et on se tait à son tour, provoquant l’ire des mécontents à fendre le sable par le sabre écarlate. Ecourter les nuits de songes figés ramène des louanges aux stèles froides et ridées. J’ai troqué les mots suaves pour quelques brèves indéfinies.

Les mensonges périssent avec le temps et les trahisons passent pour acte de dévouement. L’amour se cache dans les recoins inachevés où on le laisse dépérir par peur de l’avenir. J’accepte les défaites pour ne plus craindre les lendemains qui déchantent. Les victoires assassines prennent le contre-pied des coups reçus et les histoires sans espoir tracent les barreaux de nos frontières. On a tort d’y croire encore quand les illusions se dressent en martyres décapités de nos horizons dispersés.

Quant aux prises de tête - ces fiers acolytes promptes à serrer les taux du rendement mené - elles se font sans partage. Et tes mains sur ma nuque pour me casser en deux au moindre dérapage rappellent les folles heures à danser jusqu’à l’aube pour me faire oublier l’angine qui me broie. Sous la voix dérouillée chantent encore les caleçons quand les sirènes bleues dorment sans se lasser. Le bruit des allumettes sans doutes fanfaronne de n’avoir pour sourire que tes mèches imbéciles. Et les franges cupides, retroussées jusqu’à l’os, me disent qui tuer sans dommage et sans lutte. Les piètes vanités sont des cheveux de bois et les mines de plomb des putains travesties nous servent d’illusion. Tout ça n’est pas sérieux et c’est encore heureux que l’on ne se prenne pas la tête dans la prise.

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