Ce monde bruyant qui brille plus qu’il ne brûle s’empare de trop d’esprits pour que le mien ne cède à son appétit. Plutôt nourrir ma vie aux racines de l’envie. Là haut, vers les cimes sans âme, le ballet des envieux affermit le règne de l’odieux : accumulation à profusion pour maintenir des rêves sous perfusion. L’insignifiant se veut loi dans leur cœur étroit. Je ne les entends pas. Anesthésiant tous ces errements, je refuse de subir d’autres tourments que ceux que m’imposent par moment les doutes évanescents. Rongé par les songes, je noie ma vie dans la mélancolie et prolonge l’attente vers demain en fermant les volets sur mon destin. Quelques bouffées d’appréhension sont mon ultime frisson quand personne ne tient à favoriser mon éclosion. Seule l’écriture m’offre un sursis, ultime parenthèse à la folie. Les mots résonnent contre mes envies, nourrissent un nouvel horizon. Je rêve de décrocher la lune qu’ils ont clouée au pilori. Cette utopie n’a pas de prix : le reste n’est qu’illusion.
Reivaxations
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