Ton ombre silencieuse s’évertue à glisser en marge des trottoirs de la bonne société. Tu souhaites demeurer insoumis aux excès et aux frasques de la masse, donc tu renforces ta coquille, affermissant le ton féroce qui te vaut tant de reproches. Les gens esquivent ton regard, esquissent un air hagard en changeant de trottoir. L’humeur impénétrable de ton œil grand et froid, franc et droit, fend la rumeur de leurs pas étroits. L’honneur comme seule foi, tu rumines en chemin sur le mépris des incompris. Ceux-là ignorent dans ton allure toute la douleur de leurs morsures, tous ces efforts pour paraître fort et ce masque d’arrogance qui dissimule ton manque d’assurance. Ils négligent ce à quoi les lois de ce monde t’obligent, ne voient pas plus loin que cet air dur que tu arbores en guise d’armure pour mieux barrer les coups de leurs injures.
Reivaxations
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